Repression au sein de la presse

 

  Le Conseil Supérieur de la Liberté de Communication suspend le Journal   «AMICALE» pour trois mois

 

  Dans l’accomplissement des missions qui lui sont dévolues, en tant qu’organe de régulation, le Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC) a suspendu le Journal “AMICALE“. Cette sanction est relative à la publication successive des titres qui portent atteinte à l’honorabilité du chef de l’Etat, Denis Sassou Nguesso dont : « Le dictateur voleur ; l’agent double… ». Cette suspension a été prononcée le 11 avril 2008, au Palais du Parlement à Brazzaville, sous l’égide de M. Jacques Banangandzala, président de cette Institution.

  Dans ces articles qualifiés de diffamatoires par le CSLC, réunis dorénavant en collège de membres, on retient  entre  autres titres celui qui d’entrée de jeu fait allusion au chef de l’Etat : «Il doit rester vivant pour payer. » Développant son titre, le journal “AMICALE“ affirme que M. Sassou Nguesso a ordonné des viols de 3.422 femmes,  le déplacement de 66.000 personnes et le massacre de près de 22.000 personnes dans le département du Pool.

  Pour le CSLC, par défaut de preuves conséquentes dignes de donner du crédit à l’information véhiculée, cette allégation évoquée n’est autre qu’une pire et simple diffamation.

  Dans le même sens, il a publié : « L’agent double », dans lequel, ledit journal taxe M. Sassou Nguesso de schizophrène, de diable qui fait saigner la nation avant qu’il ne le qualifie de génocidaire.

  Par cet article, a précisé le CSLC, le journal s’est rendu coupable d’injures à l’endroit de la personne du chef de l’Etat. Quant à

l’article intitulé : « Les bavures du dictateur », le même journal dénonce les bavures et les dérapages qui seraient planifiées et décidées par M. Denis Sasou Nguesso. Dans le fond de l’article, il ressort des intérrogations du genre : « …cette décision de nivellement ethnique prise à OYO, en janvier 1998 et exécutée scientifiquement dès 1998 ? » ; « …la décision prise depuis longtemps et exécutée à partir du 14 octobre 1997, de poursuivre les civils du Sud-Congo qu’il appelle “Ninjas“ ou “Cocoye“, et de les exterminer, pour anéantir l’électorat de l’opposition ? », ; « … cette volonté bien affirmée d’empoisonner l’air, les sources d’eaux par les substances chimiques mortelles, afin que le plus de personnes au sud du pays meurent, parce qu’elles sont majoritaires ? », « …cette décision politique bien déclarée d’interdire aux Kongos, dans les  zones nord de Brazzaville, l’usage des langues du Pool, sous peine d’enlèvement  et de mort ? »

  Raisonnant du point de vue professionnel, le CSLC a traité ces écrits d’incompatibles avec la déontologie du métier de la presse. Car ces dérapages professionnels constituent aussi bien un appel à la haine tribale et ethnique, une incitation à la violence ainsi qu’à la division du pays. Poursuivant avec ses rafales, cet organe a encore titré :

«Arrêtons la dictature. » Dans le fond dudit article, on retient les écris du genre : « Devant une dictature aussi féroce, il n’y a pas d’autres solutions que de demander au peuple souverain de faire preuve de courage et de se soulever,  tout en étant très déterminé », avant qu’il n’ajoute : « Le dictateur voleur. » Ces publications constituent, d’après le CSLC, à la fois sun appel au soulèvement populaire et une profession d’injure.

  En effet, au regard de tous ces articles incriminés, qui sont une menace à la paix et à la cohésion nationale ainsi qu’au respect des autorités de l’Etat,  le CSLC taxe le journal “ AMICALE“ d’être coupable des violations délibérées et perpétrées des normes juridiques, professionnelles, éthiques et déontologiques qui régissent l’exercice de la profession de journaliste.

  Sur ce, il a décidé de la suspension de publication sous toutes ses formes, du journal “ Amicale“, pour une durée de trois mois, allant  du 12 avril au 12 juillet 2008.

  Entre temps, pour mettre à exécution la présente délibération, le CSLC sollicite le concours de tous les officiers et agents de la Force publique pour lui prêter main forte.

 

 

  Firmin OYE