Dossier fraude douanière

 

Les sociétés du groupe LAGARDERE tiennent en étau l’Etat congolais :

de gros intérêts politiques  et financiers sont en jeu

 

Cette enquête sur la fraude occasionnée par les sociétés du groupe LAGARDERE, quant au non paiement de la prime d’assurasse locale, nous conduit à  découvrir la face cachée de l’Iceberg.  En effet, quand l’Inspection Générale d’Etat fait parvenir un avis de recouvrement à  la société Brasco, celle-ci lui renvoie le réponse suivante :

« Nous avons été surpris de recevoir votre avis de recouvrement faisant suite à  votre notification d’infraction ¦relative à l’absence de certificats d’assurance sur nos importations de 2000 à 2008.  Nous ne comprenons pas l’objet de cette notification d’infraction émise par l’Inspection Générale d’Etat. A titre de rappel, c’est depuis 1983 que l’ARC a adressé une correspondance à  la Direction Générale des Douanes pour l’informer sur la manière dont ils allaient désormais procéder avec certaines sociétés de la place. » 

 Tout porte à  croire que Brasco fait comprendre à  l’Inspection Générale d’Etat ce qu’elle maîtrise pourtant bien et même très bien. Il y aussi que l’Inspection Générale d’état avait pourtant rappelé à Brasco la nature de l’infraction commise impliquant alors un évident recouvrement. Cette infraction porte bien sur l’inobservation de l’Arrêté du gouvernement de 1977 et celui-ci rappelle, toujours par le gouvernement, en 1999.  C’est donc avec ironie et audace que Brasco fait ces rappels à  l’Inspection Générale d’Etat.  Normal car Brasco appartient à  un grand groupe, d’intérêts financiers français, qui a des ramifications dans les bureaux du Quai d’Orsay et surtout à l’Elysée. Le Groupe LAGARDERE propriétaire des sociétés BRASCO, LABOREX, CFAO et autres  est pertinemment convaincu qu’il pèse d’un poids tellement lourd sur l’échiquier français qu’aucun Etat, surtout africain fut-il fort, ne  peut le braver. Ce groupe contrôle le groupe CFAO, Laborex et Brasco.

Chaque société a un représentant dans la sous-région Afrique centrale qui est coordonné par un supérieur du groupe Lagarder dans ladite sous région. Ce sont donc de gros intérêts français qui sont mis en jeu.

De puissants lobbies français contrôlés directement par une cellule à L’Elysée Pour comprendre l’installation et le fonctionnement de ces puissants lobbies de sociétés françaises, il faut repartir à  la période d’après la colonisation. Les indépendances de fait acquises par les ex-colonies n’ont rien d’une réelle autonomie politique et économique. La France s’en va mais elle reste très présente et surtout puissante à  travers les sociétés commerciales qu’elle installe dans ses ex-colonies. Elle n’a donc pas totalement lâché la main. Aussi, a-t-elle continué à  avoir réel pouvoir politique et économique. C’est alors que les sociétés poste coloniales, à  savoir, CFAO, Laborex et Brasco et autres vont durablement s’implanter pour devenir absolument incontournable. A travers ces sociétés, la France a toujours sa main mise sur le Congo, malgré son accession à  la souveraineté nationale.

 

  L’Origine du conflit entre l’état congolais et les sociétés du groupe Lagardère

Le conflit entre ces sociétés et l’état congolais est lié à  un arrêté ministériel signé par le Ministre François Bita. Cet arrêté porte obligation à  toutes les sociétés importatrices des marchandises au Congo de souscrire une police d’assurance locale. Le conflit commence cinq ans après la signature et publication dudit arrêté (N° 8562 du 31 octobre 1977). La cause du conflit s’explique par le fait que cette police d’assurance locale génère de gros revenus à  l’état Congolais.  C’est alors que ces sociétés, composées du groupe FAO, les Assureurs de France dont le groupe Score et Assurance Générale de France (AGF) et du puissant groupe Lagardère, ayant vu que cet arrêté allait générer beaucoup d’argents à  la république du Congo, cherchent des voies et moyens pour s’opposer à  l’exécution de l’arrêté du ministre Bita.  En somme, ces lobbies concluent qu’il n’était pas question de verser de  faramineuses sommes au Trésor public congolais. Ils vont donc réussir à  contourner le système mis en place, afin de continuer d’avoir la main mise sur l’économie congolaise.

Quand la fraude avait été découverte, l’Inspection Générale d’état et la direction départementale de la douane au Kouilou avaient pris soin de convoquer les trois sociétés (Laborex, CFAO et Brasco) pour une notification liée à  la violation flagrante de l’arrêté ministériel. Lors de cette réunion, il leur a été clairement notifié les infractions graves auxquelles elles se sont rendues coupable de fraude.  Brasco et autres rétorquent, comme nous l’avons souligné plus haut. En clair, ces sociétés ont voulu simplement jouer à  la politique de confrontation, sachant qu’elles sont puissantes et ont la main mise sur les points stratégiques de l’économie nationale. A travers LABOREX, ces sociétés contrôlent les médicaments prescrits aux congolais. à€ travers la CFAO, ses sociétés contrôlent 80% des importations en automobile au Congo avec un monopole exclusif sur la marque Toyota, la plus prisée des usagers.  A travers  BRASCO, ces sociétés contrôlent toute la boisson qui constituent un aliment de base pour les populations.  On comprend que ces sociétés sont capables de manipuler la population et de provoquer des troubles susceptibles de porter un coup dur au pouvoir.  Elles peuvent mettre à genoux le gouvernement de la république. C’est donc conscient de cette force que ces sociétés semblent presque choisir la voie de l’affrontement.

Liés au groupe Lagardère, Laborex, CFAO et Brasco constituent un puissant groupe de pression français au Congo. Lagardère est placé sous le contrôle de la droite française.  Sur place ici au Congo, ces sociétés seraient politiquement contrôlées par l’Ambassadeur de France et le Consul français, à  Pointe-Noire. Cela démontre de l’influence qu’a la France sur ses anciennes colonies. Une politique qui consiste à  sauvegarder les intérêts français à  l’étranger au détriment de ceux des ex-colonies.  Lesdites sociétés sont liées au Quai-Dorsay et donc directement rattachées à  l’Elysée par une cellule de crise dirigée par le président Nicolas Sarkozy lui-même.  Signalons que Assurance Générale de France (AGF) est le principal réassureur de l’Assurance et Réassurance du Congo (ARC) et de l’Assurance Générale du Congo (AGC).  En clair, les deux principales sociétés d’assurance du Congo sont sous le  contrôle de AGF, installée en France.  Sur tous les fronts, leur influence est très grande.

Ces grands lobbies se constituent souvent en empire de fraude et s’illustrent dans le blanchiment d’argent. Selon le Groupe d’Action Financière contre le blanchiment d’argent (GAFI), quand une société décide de blanchir l’argent, elle part d’un point A vers un autre B, de sorte que le fisc local n’ait pas la capacité de suivre les flux financiers vers le point B o๠est parti l’argent. Pour frauder sur l’arrêté 8562 du 31 octobre 1977, six ans après, c’est-à -dire en 1983, il y a eu une entente entre les groupes Laborex, CFAO, Brasco d’une part et l’ARC d’autre part, pour que tous les investissements liés à  cette police locale ne se fassent plus au Congo, mais plutôt en France. Ce qui rendra opaque ces flux financiers au niveau des autorités Congolaises. Cette façon de faire favoriserait les assureurs français et les patrons des assurances locales, c’est-à -dire, ceux qui résident au

Congo, c’est-à –dire  l’ARC et AGC. Ce sera donc du ni vu, ni connu. C’est en effet, le principe des paradis fiscaux dont le GAFI fait allusion.

 25 Ans de fraude au détriment du trésor congolais Selon l’inspection générale d’état et la direction départementale des douanes qui ont essayé d’évaluer ce manque à  gagner, cela s’élève à  230 milliards de FCFA, pour la période de huit ans allant de 2000 à  2008. Un grand manque à  gagner pour le Trésor public congolais. En faisant les calculs simples, on atteindrait plus de 700 milliards de FCFA pour 25 ans. C’est pratiquement un budget d’un an que ce groupe doit au gouvernement. En 2008, le budget du Congo est estimé à  1.922,2 milliards FCFA. La fraude de ces sociétés ne se trouve distancée du budget national que de 1.222,2 milliards FCFA seulement. Le gâchis est énorme.

Les tribunaux peuvent être sollicités pour le règlement du crime économique Disposant suffisamment de preuves, l’état congolais va certainement porter l’affaire devant les tribunaux et exiger aux sociétés Laborex, CFAO et Brasco de payer ce qu’il faut.   Et devant le fait accompli, elles seront obligées de payer. C’est le cas de Total-Congo  qui a payé 1 milliard de FCFA au Trésor public par le fisc et à  la société Brasco, qui avait un contentieux en douane pour la dernière machine qu’ils ont fait venir. Brasco a » débourser la somme de 700 millions de FCFA. Il sera question pour les autorités congolaises de persuader ses partenaires français afin qu’ils payent de leurs actes.

 

    ASIE Dominique de Marseille