Afrique
Hausse des prix de produits de première nécessité : une menace pour les régimes
en place
Ces derniers temps,
nombre de pays du continent africain
connaissent une série de violences sociales et politiques, due à l’augmentation
des prix de produits de première nécessité. Violences qui se caractérisent, entre
autres, par de violentes marches de protestation qui se soldent souvent
(malheureusement) par de pertes en vies humaines. Une situation qui a fait
frissonner certains Chefs d’Etat africains, qui ont déjà proposé quelques voies
de sortie.
Le Cameroun, le Burkina Faso, le Sénégal, la Côte-d’Ivoire, le
Burundi et autres font partie des Etats qui connaissent cette malheureuse
situation.
Dans ces pays, on constate une rareté des denrées alimentaires,
importées, sur le marché. Cela pousse à
la spéculation d’où l’augmentation des prix.
Face à cette inflation, il y a des tensions sociales qui se
soldent toujours par des pertes en vies humaines causées par les ripostes des forces de l’ordre qui tirent à balles
réelles sur la population en colère.
Les opposants aux régimes en place, dans ces différents pays, se
sont fortement impliqués dans cette situation de troubles. Au Cameroun, l’opposition
dont l’interdiction de manifester avait été faite en mi-janvier de l’année en
cours par le régime de Paul Biya, a profité de ce climat. En effet, celle-ci
s’est associée aux manifestants pour marquer leur farouche opposition à l’idée
du pouvoir de Yaoundé d’extraire de la constitution la disposition sur la
limitation de mandats à la tête du pays.
Une initiative qui, une fois matérialisée, ouvrira les portes au candidat Paul
Biya, âgé de 75 ans, pour briguer la présidentielle de 2011. En effet, il
s’agit d’un texte devant conduire à la
révision de la constitution. D’ailleurs celui-ci est déjà soumis à l’Assemblée
nationale, le 5 avril 2008. Au Cameroun, ces émeutes ont fait plus de 100
morts, selon les organisations non gouvernementales, et 40 morts à en croire le
gouvernement. Par contre, en Côte D’ivoire, lors de ces violentes
manifestations, deux personnes mortes et quelques blaisés ont été enregistrés.
A en croire certaines organisations non gouvernementales locales qui
disent-elles ne s’étonnent pas de la tension actuelle, ces manifestations sont
résultat de la grande pauvreté (évaluée à 44%) qui ronge les Ivoiriens. C’est
dire que cette situation de confusion générale a servi d’occasion propice pour
certains opposants politiques afin de presser leurs adversaires, c’est-à-dire
les régimes en place. C’est le cas
notamment au Cameroun, au Sénégal et en Côte-D’ivoire. Pour ce dernier pays qui
connaît encore une paix précaire, ce mécontentement social n’a pas été la
bienvenue pour le pouvoir d’Abidjan.
Une situation qui laisse jusqu’alors les pouvoirs congolais
indifférents.
Une façon peut être pour
eux de préférer gérer les conséquences, faute de pouvoir les anticiper.
Face à cela, des tentatives de solutions pour enrayer cette
spéculation sont envisagées dans ces différents pays. En effet, les Chefs
d’Etat des pays concernés ont songé entre autres, à la réduction des taxes
liées à l’importation, la baisse des prix de carburant à la pompe et au développement de la production locale.
Autrement dit, les Africains se doivent de développer et d’augmenter leur
production agricole.
Pour certains analystes africains, la solution se trouverait
dans les mains des présidents africains, les seuls, pourvus du pouvoir de
décision.
A cet effet, il leur revient
de penser à la régulation des marchés.
C’est-à-dire, à rendre
les marchés transparents.
Il faut dire que l’augmentation de prix de produits de première nécessité
est la conséquence directe de la hausse du prix du baril de pétrole sur le marché
mondial. Lequel prix du baril qui
s’élève ces derniers temps à plus de 100 dollars.
Fort de ce qui précède, la solution à long terme, est à envisager dans la modernisation de l’agriculture en Afrique. Cela permettra à ce continent d’assurer son indépendance alimentaire qui ne fait toujours qu’à attendre.
Hervé Didace EKIRONO