Jean-Pierre Thystère Tchicaya s’en est allé
Le Congo continue de pleurer ses dirigeants. Le 20 juin 2008, Jean-Pierre Thystère Tchicaya a tiré sa révérence à Paris (en France), des suites d’une longue maladie. Cette disparition vient une fois encore d’allonger la liste de décès, ces derniers temps, d’éminents cadres congolais.
Leader et fondateur du Rassemblement pour la démocratie et le progrès social (RDPS) Jean-Pierre Thystère Tchicaya s’est éteint à Paris (en France), des suites d’une longue maladie. Jean-Pierre Thystère Tchicaya est né le 9 janvier 1936 à Pointe-Noire. Brillant élève, il a fait ses études primaires entre 1945 et 1950 à l’école Jean-Baptiste de Pointe-Noire. Ses études secondaires passées entre 1950 et 1957 au Lycée Chaminade de Brazzaville ont été couronnées de succès. Après l’obtention de son Baccalauréat ès Lettre (en philosophie) en 1957, il est admis à l’école supérieure de Saint Cloud en France. En effet, après son admission en professorat de l’enseignement secondaire (CAPES) en 1965, il subit une formation pédagogique au Centre pédagogique régional de la paix pour la titularisation qu’il passa en 1946. Il s’inscrit en thèse de doctorat d’Etat en histoire à la Sorbonne, à Paris, en octobre de la même année. Entre temps, ses études sont interrompues parce qu’il a été rappelé au Congo pour répondre à la sollicitation du pays en mal d’enseignants, suite à la nationalisation de l’enseignement intervenue en août 1965. Avant son admission à la retraite, depuis 2001, Jean-Pierre Thystère Tchicaya a roulé sa bosse avec un rare dévouement dans le secteur de l’éducation. Il a été nommé proviseur au Lycée Chaminade de Brazzaville, (ancien drapeau rouge), de 1965 à 1966. M. Jean-Pierre Thystère Tchicaya a aussi assumé les fonctions de directeur général de l’Ecole normale supérieure de l’Afrique centrale de Brazzaville (ENSAC), d’octobre 1966 à juin 1971. Beaucoup d’étudiants ont apprécié ses cours d’histoire à l’Ecole supérieure des lettres de la fondation de l’enseignement supérieure en Afrique. Hormis cela, il a été maire de la ville de Pointe-Noire et ancien ministre. En sa qualité de député, il a dirigé la chambre basse du Parlement congolais, de 2002 à 2007.
Malade en France, Jean-Pierre Thystère Tchicaya a été élu député à Pointe-Noire, sa ville natale. Il a été l’une des figures de proue de la politique congolaise, à l’ère du Parti congolais du travail (PCT), comme parti unique. Il fait partie des principaux acteurs du passage du Congo à la démocratie pluraliste. Son parti, le RDPS, est membre du Rassemblement de la majorité présidentielle (RMP), famille politique du Chef de l’à‰tat Denis Sassou-Nguesso. C’est certainement fort de cette appartenance et de son charisme en politique que la coordination nationale du RMP a publié une déclaration, suite à sa mort. Dans cette déclaration, le RMP s’est dit grandement émotionné par rapport à ce décès. Les responsables du RMP se sont inclinés devant la mémoire de l’illustre disparu, tout en présentant leurs condoléances à la famille éplorée. La coordination nationale du RMP a ensuite invité ses militants et sympathisants à se mobiliser massivement au lieu de la veillée. Pour certains analystes politiques, la disparition de Jean-Pierre Thystère Tchicaya est la malheureuse concrétisation de la fin d’une génération. La date du rapatriement de la dépouille et le programme des obsèques de l’illustre disparu seront déterminés ultérieurement. Yà Tyty, pour ses militants, quitte le monde et laisse six orphelins.
Hervé Didace EKIRONO