La corvée continue pour les agents de l’Etat
La paie du reliquat de l’arriéré
des salaires de décembre 1994 renvoyée aux calendes grecques
Conformément à l’esprit de la note d’information n°27/MEFB-DGB du 11 janvier 2008, publiée par le directeur général du budget (DGB) se rapportant à la rétrocession du reliquat de l’arriéré de salaire de décembre 1994, à certains agents de l’état, il était attendu qu’à la faveur de la paie de l’arriéré d’août 1994, il y aurait une paie cumulée. Peine perdue. Car malgré le fait que le calendrier y afférent a été dressé et, plusieurs fois, publié, à l’occasion de la dernière paie de l’arriéré de salaires du mois d’août 1994, on a pris tout simplement grand soin de ne faire la moindre évocation.
Montrant visiblement le peu d’empressement à s’en préoccuper.
Finalement, on est amené à se demander à quoi ont servi ces heures supplémentaires imposées aux agents de la solde pour répertorier des agents dont les salaires de décembre 1994 ont subi abusivement des ponctions ? Des retraits qui ont avoisiné pour la plupart, la moitié du traitement mensuel versé à l’agent. Au départ, après constat fait par, la majorité de ceux qui avaient subi cette ponction, les intéressés se sont mis à s’agiter en interpellant tour à tour la direction générale des impôts et la direction générale du budget. A la vitesse de l’éclair, l’instruction avait été donnée par le DGB de diligenter l’opération de traitement de ce dossier afin de procéder à la paie de ce reliquat, aussitôt terminé.
De là , le mois de février 2008, auparavant retenu pour la paie du reste de cet arriéré, est passé malheureusement, sans aucune rumeur à propos. Naturellement, les agents de l’état ont pris patience à la pensée qu’à la paie prévue pour l’arriéré de salaires d’août 1994, la programmation intégrerait ce fragment. La curiosité frappante qu’un silence radio a tout récupéré et aucun agent en droit d’attendre ce reliquat n’a été fixé sur la prochaine date du versement dudit reliquat. La peur de ces agents de l’Etat est que cette paie étant amorcée, il est impérieux qu’elle soit totalement liquidée et consommée. Cette précaution a l’avantage de n’offrir à personne, l’opportunité de récupérer cette manne pour s’en servir, en profitant de l’oubli occasionné par le retard à verser ce reliquat.
Depuis que l’arriéré de salaires
du mois d’août 1994 a été versé, le département en charge de cette question n’est
plus vu d’un bon oeil. Qui plus est, cette paie a
enjambé celle d’un reliquat. Dans ce contexte, ces agents de l’Etat concernés
multiplient des tours au ministère des finances, question de voir clair sur le
dénouement de ce problème. Peut avant la paie de l’arriéré d’août 1994, il était
prévu le paiement simultané du reliquat. Dans les milieux financiers, rien de
concret ne transpire, c’est dire que le désespoir semble déjà prendre l’ascendance
sur son contraire. Usant des droits qui leur sont reconnus, il y a lieu, tout
de même que ces agents mettent en chantier, certaines pratiques de
revendications populaires, notamment l’observation d’un sit-in au ministère de
tutelle, même s’il est considéré comme une forme d’expression parfois à
hauts risques.
Ainsi donc, l’administration financière vient de déplumer les travailleurs
d’une part et de démontrer son appartenance à la sphère des trompeurs véreux,
d’autre part, pour justifier le gèle de ce reliquat. Assurément, une sorte de
gabegie pourrait en résulter. Sincèrement, les bénéficiaires de ce reliquat
sont loin de maîtriser la cause réelle de ce fantaisiste prélèvement, sinon l’engouement
de détournement des derniers publics qui a toujours préoccupé l’homme de
finances. Jamais, un pareil prélèvement n’a suscité autant de remous sociaux.
Pendant que les grèves de la faim se multiplient et s’intensifient sous d’autres
cieux, voilà que le gouvernement veut en créer. Ce qui paraît véritablement
paradoxal. Le deuil financier que portent les agents de l’état depuis plus de
vingt ans s’accentue et frappe à toutes les portes. Sa date de retrait
est essentiellement l’apanage du gouvernement. Les droits de l’homme
juridiquement reconnus, il est de bon
aloi que pareille situation soit résolue à la va-vite afin d’apaiser les
mauvais humeurs des travailleurs, car un ventre affamé n’a point d’oreilles.
Brunel El Ossa