Clôture de la Conférence de la FAO à  Rome : Entretien avec le ministre

Henri Djombo

 

Denis Sassou Nguesso a été choisi parmi 43 Chefs d’Etat  pour la vice-présidence de la Conférence et la clôture des travaux

Le  Congo a  été longuement applaudi : une grande victoire diplomatique Le  3 juin 2008, la conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire et les changements climatiques ouvre ses travaux. Il faut former un bureau qui doit présider les travaux de ladite conférence. Si l’Italie assume la présidence, c’est le Congo qui est désigné à l’unanimité à  la vice présidence. Denis Sassou Nguesso se doit donc de se mettre aux côtés de Berlusconi pour diriger tous les travaux. Et comme tous les chefs d’Etat doivent suivre les discours prononcés par leurs homologues, le président de la république du Congo qui avait, lui aussi, son allocution à  prononcer, ne dérogera pas à  la règle. Il va donc désigner son ministre de l’économie forestière à  le remplacer à  cette vice-présidence. C’est donc Henri Djombo qui va accomplir avec brio cette mission très délicate mais aussi honorable. Le 5 juin quand

Henri Djombo prononce le mot de clôture, c’est un tonnerre d’applaudissements qu’il

 reçoit
Apres cette magnifique victoire, le ministre Henri Djombo s’est prêté à notre micro.

 

Question : Monsieur le Ministre, parlez-nous en bref de cette Conférence ? 

C’est le monde entier qui s’est réuni à  Rome autour d’un thème crucial la sécurité alimentaire mondiale, face à  la flambée des prix des denrées agricoles, face à  la flambée des prix de pétrole, face au réchauffement climatique. Il y a donc des défis à  relever et le monde entier s’est senti solidaire autour de cette thématique pour que l’on puisse agir. Il y a eu 43 chefs d’Etat présents qui ont prononcé des discours de haute portée. Il y a eu en tout 183 pays qui ont pris part à cette conférence. Il y a eu plus de 5189 personnes. C’est dire que le monde a été mobilisé suffisamment pour apporter des solutions à  la crise actuelle. Le monde s’est engagé à  agir maintenant en apportant des solutions à  la crise actuelle. Je suis heureux que quelques pays donateurs aient déjà  réagi en proposant des aides substantielles à  la

FAO pour lutter efficacement contre la faim dans le monde. A la clôture des travaux, 10  milliards de dollars de dons ont déjà  été rassemblés par de nombreux donateurs. C’est la preuve que la conscience collective mondiale a été ébranlée. Les dirigeants du monde ont donc décidé de mettre la main à  la pâte.

Il y a eu un moment important, c’est celui de la négociation engagée depuis le 9 mai de cette année, menée par un groupe de contact informel afin que tous les pays membre de la FAO s’accordent sur une déclaration que la conférence devrait produire. C’est sur ce point où les pays ne se sont pas accordés facilement.

Le Congo a été honoré car le président de la république a été désigné vice-président de la conférence. D’office le Congo a été chargé de présider le comité plénière, chargé des questions techniques, donc des thématiques  mais aussi de préparer la déclaration de cette conférence de haut niveau. Nous avons eu la charge de conduire au nom du président de la république ces négociations afin d’obtenir une déclaration. Cela n’a pas été facile. Nous avons du parfois blanchir des nuits pour essayer de concilier des positions qui étaient irréductibles et d’obtenir un consensus autour des questions essentielles. Pour clôturer la conférence, le premier ministre Berlusconi étant indisponible, c’est le président Denis Sassou Nguesso qui a encore été honoré pour présider la clôture de cette conférence. Le président m’a encore donné les pleins pouvoirs pour l’y représenter et la conférence a été clôturée  dans de bonnes conditions.

 

Question : Pour l’essentiel, que dit la déclaration de cette conférence ?

La reconnaissance des facteurs qui influent sur la production alimentaire dans le monde. Les mesures qu’il faut prendre collectivement et au plan national afin de corriger les tendances actuelles. Il faut encourager le développement de l’agriculture dans tous les pays. Il faut apporter les moyens qui conviennent à  cela. Réguler le marché international des denrées alimentaires. Je peux dire que toutes les solutions qui ont été préconisées permettront de garantir une sécurité alimentaire mondiale plus équilibrée, mais surtout au niveau des pays pauvres comme les nôtres, il va falloir que les actions concrètes soient menées pour que les 862 millions de personnes qui sont sous-alimentées, passer à  la phase de se nourrir à  leur faim. Cet espoir est permis. Je considère que cette conférence est arrivée au bon moment et que la FAO l’a très bien préparée.

Le monde entier se satisfait quand même des conclusions que nous avons tirées.

 

Question : Quel sentiment aviez-vous quand le Congo avait été ainsi honoré ?

C’est inévitablement un sentiment de fierté car c’est un grand honneur pour nous. Il y avait quand même 43 chefs d’Etat et de gouvernement, on aurait bien pu prendre quelqu’un d’autre. Il y avait les chefs d’Etat des pays développés, mais c’est le président Denis Sassou Nguesso qui a été choisi. C’est la preuve du rayonnement de son action diplomatique. Cela prouve que l’action du président Denis Sassou  Nguesso est bien connue à  travers le monde. Presque tout le monde était sùrqu’avec le Congo, on arriverait à  des conclusions heureuses à  cette conférence. Nous avons donc accompli cette responsabilité sans état d’âme, sans complexe car nous avons bonne presse sur la scène internationale pour les questions à  caractère technique mais aussi politique. Nous sommes donc rodés à  ce genre d’exercice. Nous somme heureux d’avoir été à  la hauteur de cette tâche et tout le monde nous a remerciés. Nous avons  reçu les félicitations de presque toutes les délégations. Je sors satisfait car le Congo a fait œuvre utile au cours de cette conférence de haut niveau.

 

               Propos recueillis par

 ASIE Dominique de Marseille

        (Envoyé spécial à  Rome)