Retour du couple présidentiel de la Conférence de Rome

 

Face aux défis réels des changements climatiques et de la crise alimentaire mondiale, l’Afrique doit lancer une révolution afin de transformer les difficultés en victoire’’, a déclaré Denis Sassou Nguesso, à  la presse, à  l’aéroport de Maya-Maya

De retour d’Italie, où il a pris part à  la réunion de haut niveau sur la Sécurité alimentaire et les Changements climatiques, initiée par l’Organisation mondiale pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO), et au cours de laquelle il a été désigné, à  l’unanimité, vice-président de cette conférence, le président Denis Sassou Nguesso a tenu, le 10 juin 2008,  une conférence de presse dans le Salon d’honneur de l’aéroport international de Maya-Maya. Répondant aux questions des journalistes, Denis Sassou Nguesso a annoncé que, au cours de la conférence de Rome, les Etats se sont appesantis sur des déclarations et des décisions qui devront être traduites en actes. Et face à  cette situation, l’Afrique doit se révolutionner, car elle est le continent qui en subit le plus les conséquences.

En effet, selon Denis Sassou Nguesso, les enjeux sont de taille et les Etats se sont convenus de doubler l’aide publique. S’agissant, particulièrement, de la crise alimentaire, dans son ensemble, pense Denis Sassou Ngueso, cette situation doit interpeller l’Afrique à  une prise de conscience réelle. Cette dernière doit la pousser, d’une part, à  redresser son tir sur plusieurs plans et, d’autre part, à  profiter de cette occasion pour lancer, une fois pour toute, une révolution tant structurelle que totale, laquelle transformerait ses difficultés en victoire et assurerait l’avenir de l’ensemble du continent africain.

Les africains doivent retenir que seul le renforcement des capacités agricoles peut garantir durablement la sécurité alimentaire’’, a affirmé le Président Denis Sassou Nguesso.

Concernant le programme agraire du gouvernement congolais, le président de la République a rappelé aux journalistes que plusieurs programmes d’urgences pour freiner la flambée des prix de produits de première nécessité ont été déjà  prises, conjointement avec le programme d’urgence agropastoral 2008-2009, et beaucoup d’autres  programmes

d’assistance agricole à  la population paysanne, en semences améliorées, en équipements et d’aides diverses, et aussi aux entreprises agricoles. Il est vrai que ces programmes sont déjà arrêtés mais il faut, en plus, des mesures d’accompagnement qui permettront leur exécution effective’’, a ajouté le Chef de l’Etat. A cela, renchérit le Président, nous ne devons pas oublier qu’il faut donner la nourriture au peuple. Pour ce faire, précise le président Denis Sassou Nguesso, le gouvernement a pris des mesures portant sur l’exonération à  l’importation de tous les  intrants et matériels agricoles, la réduction ou la suppression de plusieurs taxes sur les produits de première nécessité.

Interpelé par la presse, sur le prix de l’énergie, le chef de l’Etat a éclairé l’opinion que la flambée des prix du pétrole sur le marché mondial concerne aussi les congolais’’. En amont, souligne le Chef de l’Etat, cette montée des prix nous est favorable à  cent pour cent’’. Mais n’oublions pas que, en aval, d’une part, il faudrait que nous produisions davantage, et d’autre part, il faudrait que nous ayons des usines de raffinerie capables de traiter suffisamment le dit pétrole pour satisfaire la consommation locale. Car nous vendons le pétrole à  l’état brut mais nous le  consommons en produit fini et   au prix international’’, a-t-il signifié.

Et au niveau international, poursuit le président Denis Sassou Nguesso, cela a fait également l’objet d’un grand débat. Nous devons, chaque pays en ce qui le concerne, travailler durement pour contribuer à l’équilibre général. Cet équilibre ne peut être atteint que si l’ensemble de la production mondiale équivaut à  l’ensemble de la consommation mondiale. Or, certains pays ne produisent pas ou peut-être pas en quantité suffisante. Le principe est simple, si les industries locales d’un pays  n’arrivent pas à  satisfaire le besoin national, on recourt à  l’importation, ce qui impliquerait la fuite des devises.

Et pour faire entrer des devises, il faudrait vendre, donc exporter. D’oà¹, les industries locales doivent tourner à  suffisance pour que la consommation nationale soit satisfaite et que l’excédent de la production soit vendu. Nous avons pris activement part à  ces débats à  Rome’’, a indiqué le Chef de  l’Etat.

Evoquant les postures du président Sénégalais, Abdoulaye Wade, qui semble faire cavalier seul face à  une contenance apparente des autres chefs d’Etat africains, le Président Denis Sassou Nguesso n’a pas partagé ce point de vue. Je ne sais pas ce que vous appelez faire cavalier seul. Néanmoins, il y a le programme NEPAD. Nous sommes également impliqués et d’ailleurs d’ici là , nous allons nous retrouver ensemble avec le président Abdoulaye Wade pour en discuter.’’, explique le Chef de l’Etat congolais.

Epinglant, la situation de l’arrestation du sénateur Jean Pierre Bemba Gombo, ancien vice-président de la RDC, le Président Denis Sassou Nguesso a dit que la Cour Pénale Internationale (CPI) a des objectifs qui lui sont propres. C’est dans ce cadre  qu’elle poursuit sa procédure.’’

Abordant la question relative à  l’ordre entre le PCT, avec son logo, et, aujourd’hui, la création du RMP, avec pour logo Eléphant, le Président Denis Sassou Nguesso a confié à  la presse que le RMP regroupe, au tour de lui, toutes les forces ok’’. Et l’Eléphant convient comme logo. Le Chef de l’Etat pense qu’il n’y a aucun désordre que ce soit dans l’existence que dans les agencements de l’un ou de l’autre. D’ailleurs, il y a bel et bien une lame de fond qui mobilisera tous les programmes’’, a conclu Denis Sassou Nguesso.

C’est dans une ambiance sans précédent, une animation à  couper le souffle, que le couple présidentiel a quitté l’aéroport de Maya-Maya, devant une foule très immense, à  l’aéroport et tout le long du parcours  venue accueillir et saluer le couple présidentiel qui rentre au pays après un périple de grands enjeux internationaux.

 

Michel KITETELE