Disparition du
dernier chantre de la négritude
L’Université Marien Ngouabi rend hommage à Aimé Césaire
Suite à la disparition du poète, écrivain et homme politique Martiniquais, Aimé Césaire, le 17 avril 2008 à Fort-de-France, en Martinique, la Faculté des Lettres et des Sciences Humaine de l’Université Marien Ngouabi a rendu, le 10 mai 2008 à l’Amphithéâtre «Le Phénotype», à Brazzaville, un hommage digne à l’illustre disparu. Cet hommage qui témoigne la reconnaissance de la communauté littéraire congolaise à l’endroit de cette grande renommée littéraire s’est déroulé en présence du ministre de la culture et des arts, Jean Claude Gakosso, du recteur de l’Université Marien Ngouabi, Georges Moyen et d’une kyrielle de personnalités académiques de renom
D’emblée, les personnalités académiques de la Faculté des Lettres des Sciences Humaines ont reconnu la vigueur de Aimé Césaire dans son écriture, ses prises de position avant de passer en revue ses différentes oeuvres produites durant sa carrière, à travers la publication de sa biographie.
Dans son actif, il a publié plusieurs oeuvres dont les plus engagées sont: Discours sur le colonialisme et Cahier d’un retour au pays natale (en 1939). Dans Discours sur le colonialisme, Aimé Césaire mène un combat sans pareil contre la colonisation, véritable danger qui a causé du retard et du tort aux peuples opprimés. Une idée appuyée par le Pr. Atondji-Momondjo Lécas, enseignant à la Faculté des Lettres et des sciences humaines: «C’est une charge portée par l’auteur contre la colonisation. Car l’introduction de son oeuvre»Discours sur le colonialisme»est une attaque frontale contre la colonisation qui est un danger, une aberration», a-t-il déclaré.
Dans «Cahier d’un retour au pays natal», l’auteur apparait comme un éveilleur d’âmes, il appelle les victimes de cette colonisation à une prise de conscience de leur identité de noir afin de garantir leur àªtre et leur culture. A la faveur de cette cérémonie, Plusieurs témoignages sur l’illustre disparu ont été enregistrés.
L’honneur a été fait à Jean Claude Gakosso, ministre congolais de la culture et des arts. «J’ai été três bouleversé par le décês de Aimé Césaire avec qui j’avais une relation amicale. Je l’ai rencontré pour la premiêre fois dans les années 1970, quand j’étais élêve au Lycée Lumumba, à Brazzaville, o๠ses ouvrages étaient au programme. A cette époque, le message de Aimé Césaire a galvanisé la jeunesse. «Depuis cette rencontre virtuelle, nous ne sommes plus jamais séparés. Césaire est mort; mais pour moi, il est vivant, et je vis avec lui», a-t-il regretté.
Pour sa part, Paul Nzété, le Doyen de la Faculté des Lettres et des Sciences humaines s’est inscrit dans la màªme optique. Ainsi, il a expliqué la raison d’organiser cet hommage: «D’aucuns pourraient se demander le sens d’organiser cet hommage pour cet homme qui n’était ni africain, ni congolais. Il faudrait le dire clairement, nous lui rendons hommage pour marquer solennellement notre reconnaissance forte de son approche esthétique qui s’ouvre à l’universel. Mais aussi, pour marquer solennellement notre projet d’un homme noir débout et libre», s’est il justifié.
Au regard de tout ce qui précêde, il convient de se joindre à André Breton, l’un des surréalistes de grande notoriété qui introduisant le recueil «Cahier d’un retour au pays natal», dans les années 1943 avait coupé court en qualifiant Aimé Césaire de «grand poête noir». L’homme s’en est allé avec sa plume de grande facture rejoindre ses homologues de lutte à savoir: Léopold Sédar Senghor, Léon Gontran Damas avec qui ils ont créé la revue «Etudiant Noir»dans laquelle ils ont débattu du néologisme «Négritude», mot inventé par Aimé Césaire. L’humanité lui a rendu un hommage hors pair. Màªme la République franà§aise a regretté de la perte de cette plume alerte.
Firmin OYE