Processus électoral au Congo
L’opposition s’insurge et
qualifie d’unilatérale les pratiques du pouvoir
À la faveur d’une conférence de
presse qu’ils ont animé conjointement le 14 mai 2008, à Brazzaville, MM.
Pascal Tsaty Mabiala et Clément
Miérassa, respectivement président par intérim de l’Alliance
pour la nouvelle république (ANR) et président de l’alliance pour la république
et la démocratie (ARD) ont dénoncé l’arrêté publié par voix de presse, le 5 mai
2008, à Brazzaville par le ministre de l’administration du territoire et
de la décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou. Cet
arrêté fixe la date de clôture de dépôt de candidatures aux élections locales
2008 pour le 10 mai 2008.
Pour l’opposition, cet arrêté a été
pris unilatéralement par le pouvoir, contre tout engagement pris en février et
avril derniers par le
ministre
en charge des questions électorales. Cela, à la faveur des rencontres qu’il
avait organisées au bénéfice des dirigeants de l’A.R.D et ceux de l’UPADS. À en
croire Clément Miérassa, au cours de ces différentes
rencontres, le ministre Raymond Zéphirin Mboulou avait
indiqué en substance que "la date des élections locales n’était pas encore
fixée, car le fichier électoral n’était pas au point et pris l’engagement d’organiser
une concertation des partis politiques sur le calendrier électoral avant la fin
du mois avril 2008. Ce qui n’a plus été fait, malheureusement, a déploré Clément
Miérassa pour lui, :
"La publication de cet arrêté montre à suffisance que le
gouvernement continue à refuser la voix de la raison". Et pourtant,
a-t-il dit, Pour lui, leurs revendications
portent essentiellement sur trois points à savoir; le rétablissement du
consensus sur la révision du fichier électoral; La recomposition de la
commission d’organisation des élections; et la détermination d’accord partie du
calendrier électoral. «;Nous demandons au gouvernement que l’organisation des élections
locales et sénatoriales de 2008 et la présidentielle de 2009 se tiennent
conformément à la Constitution » a-t-il ajouté.;
Ceci pour garantir le principe démocratique qui stipule qu’"un homme, une
voix". En effet, pour envisager la bonne tenue du reste des échéances électorales,
les conférenciers exigent au gouvernement le retrait sans condition de cet arrêté;
et demandent aux partis politiques, en général, et ceux de l’opposition, en particulier,
de ne pas se conformer aux exigences de cet arrêté.
Ils ont réitéré leurs
propositions contenues dans la déclaration
solennelle du 30 avril 2008 portant sur le processus électoral. Ils demandent également
la convocation en urgence de la concertation de tous les acteurs politiques sur
le processus électoral; et appellent l’opinion nationale et internationale à soutenir
leurs initiatives afin de sauver la démocratie au Congo. Selon Clément Miérassa, la responsabilité du retard dans l’organisation des
élections locales émane aux pouvoirs publics. Dénonçant la disproportionnelle
de; l’arrêté pris par le ministre en charge des questions électorales, Clément Miérassa a dit que "ce n’est pas avec des textes et
des arrêtés contradictoires que le pouvoir peut prétendre convaincre les
populations congolaises. "la balle a été
donnée a;;
Pascal Tsaty Mabiala, qui
lui, a ajouté que "Si rien n’ est; engagé par le gouvernement,; en faveur
de la mise en place d’une Commission électorale indépendante, l’opposition userait de tous les moyens légaux
que lui confère la loi, pour obtenir gain de cause à sa légitime
revendication." Les deux conférenciers ont mis également à profit
cette rencontre pour dénoncer les arrestations arbitraires et provocations
orchestrées par les militants relevant des partis de l’
opposition de la part de leurs adversaires politique de la majorité présidentielle.
S’insurgeant contre ces pratiques, Pascal Tsaty Mabiala n’a pas marché sur le dos de la cuillère pour lâcher
que "Cette façon de faire du pouvoir ne devrait pas étonner les
populations congolaises. Car, il s’agit bien là de leur idéologie."
Ils ont surtout déploré l’arrestation arbitraire, le 06 mai 2008, de M. Jean
Pierre Lokénia, membre du PCT et chef du protocole de
l’Association "Les amis de Marien Ngouabi et éthique",
dirigé par l’honorable Justin Lékoundzou Itihi Ossetoumba.
À cette occasion, Pascal Tsaty Mabiala s’est interrogé sur le fait que les
gouvernants s’autoflagellent chaque fois que l’opposition
leur revendique la mise en place d’une Commission électorale indépendante.;
Et pourtant c’est pour préconiser d’une élection transparente et crédible. Au
stade actuel de tâtonnement, de la part du gouvernement, concernant les élections
locales 2008, Pascal Tsaty Mabiala
a rétorqué qu’il est évident que cela ait une incidence négative sur l’organisation
des échéances futures, notamment les sénatoriales 2008 et la présidentielle
2009." À propos des élections locales 2008, signalons que par décret du président
de la République pris le 13 mai 2008, le corps électoral est convoqué aux urnes
le 29 juin 2008 pour le renouvellement du mandat des conseillers départementaux
et municipaux.
Séverin NGAMBAYE