Fin de la concertation citoyenne
L’opposition modérée exprime son satisfecit

Tenue du 14 au 17 avril  2009 à Brazzaville, les assises de la concertation citoyenne ne cessent de défrayer la chronique. En effet, pendant que l’opposition dite modérée exprime son satisfecit, l’opposition « radicale » menace de faire échec au processus électoral en cours.

 

Au cours d’une conférence de presse organisée le 21 avril 2009 à Brazzaville, par l’opposition modérée qui regroupe entre autres, le Parti Républicain  Libéral (PRL de Nicéphore Fylla Saint Eudes), l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS fond jaune), le MUST de Claudine Munari, le Rassemblement des Acteurs de la démocratie (RAD de Mboussi Ngouari) et l’Union pour la Démocratie et la République (UDR-Mwinda authentique de Stéphane Ntsatouabantou Milongo), ces formations politiques ont exprimé leur grande satisfaction après leur participation à la concertation politique. En effet, ces  partis de l’opposition modérée ont exprimé  leur satisfaction quant aux acquis obtenus à l’issue de ces pourparlers auxquels leurs confrères de l’opposition radicale ont systématiquement boycotté. Il s’agit selon elles ; du déplafonnement de la Commission Nationale d’organisation des élections (Conel), de la présence des représentants des partis de l’opposition dans la commission technique, l’homologation  des listes électorales actuelles et la distribution des cartes d’électeurs par des équipes mixtes pouvoir opposition et société civile. C’est-à-dire, les partis de l’opposition  se doivent d’avoir des représentants dans les Conel locales. Pour Nicéphore Fylla de Saint Eudes, la prise en compte de leurs revendications est d’une grande avancée dans le processus qui concourt à organiser une élection présidentielle apaisée. Il a qualifié la nouvelle configuration de la Conel « d’administration permanente, capable de gérer l’intégralité des opérations préélectorales ». Le président du PRL a par ailleurs, rappelé à l’opinion nationale qu’au Congo la loi électorale confie l’organisation des élections à l’administration, d’où il faut, parfois selon lui se soumettre. « Actuellement au Congo, c’est le gouvernement qui gère la logistique des élections. Et, même si nous contestons cette loi (loi électorale), elle a été adoptée au Parlement. Une institution où l’opposition a des représentants. La démocratie, c’est la coexistence entre l’opposition et la majorité. La politique quant à elle, c’est la gestion des rapports de forces en présence. On ne peut pas être démocrate et ne pas respecter les lois de la République. La concertation était donc une occasion très propice pour discuter sur les opérations préélectorales. C’est ce que nous avons fait et nous nous réjouissons de ces retombées, » a déclaré le président du PRL. Il espère pour cela qu’ « un jour la Conel devienne un organe indépendant ». Claudine Munari pense quant à elle que la concertation politique a été une réussite : « Cette concertation nationale vient de jeter les bases d’une élection présidentielle apaisée. Il suffit seulement aux différents protagonistes de bien appliquer les grandes décisions issues de cette rencontre », a-t-elle affirmé. Au cours de cette conférence, les conférenciers ont justifié leur participation à la concertation citoyenne par leur credo, à savoir la paix. « Nous avons participé au dialogue parce que c’est à travers la discussion que l’on peut trouver des solutions à nos malentendus, donc à nos problèmes. Il s’agit de créer les conditions propices pour que l’élection présidentielle  de juillet prochain ne soit perçue par le peuple comme un danger. Ce n’est qu’en dialoguant que nous ferons du Congo un havre de paix, un pays où il fait beau vivre. Mon souci majeur, c’est de contribuer au développement du Congo. Il s’agit de prendre en compte ce qui contribue à l’évolution du pays», a déclaré Claudine Munari. Pour joseph Ondzouila Miokono, principal orateur, leur participation à cette concertation aura été une opportunité pour l’opposition de se faire entendre : « Il est mieux de participer et se faire entendre », a –t-il lâché. En  Outre, les conférenciers  estiment que la tenue de ce dialogue est une grande victoire pour l’opposition, d’autant plus que cette rencontre a été longtemps réclamée, les conférenciers ont fustigé le comportement affiché par leurs amis de l’opposition dite radicale. Laquelle opposition avait opté pour la politique de la chaise vide sous prétexte que sur le choix des personnalités et de l’ordre du jour, n’avait pas comblé leurs attentes. A en croire Nicéphore Fylla Saint-Eudes, la participation de l’opposition radicale  à ces pourparlers aurait joué de beaucoup : « …peut être que si nous étions nombreux, on aurait pu obtenir plus que ça ! », a-t-il regretté. Toutefois, le président du PRL reconnaît l’opposition dite radicale mais précise t-il,   que ces deux oppositions se diffèrent dans les démarches à suivre et que leur principal adversaire reste le pouvoir actuel.

Si du côté de l’opposition modérée l’on se frotte les mains, l’opposition radicale, notamment Mathias Dzon, candidat de l’Alliance pour la République et la Démocratie (ARD) menace de boycotter le processus électoral enclenché depuis 2007, avec les élections législatives. En effet, interrogé par RFI,  le candidat de l’ARD a mis en garde le pouvoir de Brazzaville, au cas où il tournerait le dos à leur  nouvelle revendication, à savoir la réorganisation d’une nouvelle concertation politique : «Notre position est que où tout le monde va aux élections, ou personne n’ira aux élections. Mais si tout le monde y va, c’est dans des conditions consensuelles et non dans des conditions imposées par le pouvoir ». Il appelle le pouvoir au ressaisissement. « …il faut que le pouvoir revienne à la raison, qu’il cesse avec tous ces blocages. Nous lançons cet appel pour la paix, et dans l’intérêt de tout le monde, y compris celui  du pouvoir (…) nous ne boycotterons pas le scrutin, mais nous disons qu’il n’aura pas lieu», a-t-il martelé.

Hervé EKIRONO