Rapport national sur le Développement humain
La Gouvernance au Congo, une
tâche encore imparfaite La gouvernance
est définie comme « lexercice de lautorité politique, économique et
administrative dans la gestion des affaires nationales à tous les niveaux ».
Selon le rapport du Programme des
nations unies pour le développement (PNUD), sur le développement humain
2006-2007, consacré au Congo, la tâche de ce pays en matière de gouvernance est
encore approximative. Il sagit entre autres, de la gouvernance politique,
administrative, économique et financière, et la gouvernance des entreprises.
Bien que des progrès aient été enregistrés depuis laccession du
pays à la souveraineté nationale, les différents indicateurs et les données disponibles
révèlent une gouvernance encore imparfaite pour la république du Congo. Selon
le rapport du PNUD, cette situation politique du Congo se caractérise par la
fréquence élevée des changements de Constitution. En effet, en quarante ans dindépendance,
la république du Congo a connu une douzaine de Constitutions, soit en moyenne,
une Constitution tous les quatre ans. Pour le PNUD, lexamen des différentes Constitutions
montre que la gouvernance politique au
Congo a souffert de la tendance à lautocratie. Allusion fait-il au régime
de parti unique, ce malgré lutilisation fréquente des termes : « démocratie
populaire, démocratie dirigée ». Au Congo, poursuit le rapport du PNUD, la
conquête en vue de lexercice du pouvoir sest
souvent
opérée par la force comme latteste la fréquence des coups dEtats et
les guerres civiles.
Cette situation a pour corollaire une faible
représentation politique et une participation limitée des populations aux instances de prise de décision. Une autre
caractéristique de la gouvernance politique est le caractère assez lacunaire de
léquilibre des pouvoirs, lExécutif ayant souvent tendance à être
prépondérant vis-à-vis du Législatif et du Judiciaire. Aussi, au Congo la gouvernance
politique se caractérise par l'importance numérique et le déficit
organisationnel des associations politiques,
qui ne leur permet pas de jouer efficacement leur rôle de relai entre les
gouvernants et les citoyens. En 2004, le Congo comptait plus de 6.000
associations. La bonne gouvernance est entravée aussi par la faible capacité
des institutions constitutionnelles à jouer leur rôle, à l'insuffisance des
ressources humaines, matérielles et financières.
Dans ce même rapport, le PNUD a
épinglé la liberté de la presse qui dit-il se heurte au contrôle politique et à
linsuffisance de
ressources des
médias.
Ladministration congolaise
(police, finances et budget santé éducation, eaux et forêts) nest pas
exemptée dans ce rapport. Elle se caractérise entre autres par une application
défectueuse de certains règlements et lois. Conséquence des hésitations des
pouvoirs judiciaire et législatif qui devraient jouer le rôle de contre poids
au pouvoir exécutif. « Sur le plan de la transparence, laccès du public à
la connaissance des politiques et des
stratégies du gouvernement a souvent été limitée jusquà
une date récente, surtout avec la mise en uvre
des Programmes dajustement structurel. Des efforts sont cependant entrepris
depuis 2003 dans le sens dune plus grande transparence notamment dans le
domaine pétrolier », ont constaté les experts du PNUD. En outre, dans ce
rapport, il est déploré limmobilisme
qui caractérise la Cours des comptes dans lapplication des textes.
Pourtant par ses attributions, c'est un organe devant permettre la
responsabilisation des individus et des institutions. La faiblesse de la gouvernance
administrative favorise la fraude et la corruption. A cet effet, le rapport du
PNUD cite létude réalisée par le ministère à la présidence, chargé du
contrôle dEtat en 2003. Par contre, selon le rapport de Transparency international datant de 2005, l'indice de
perception de la corruption (IPC) de la république du Congo est de 2,3, ce qui
place ce pays à la 130ème position sur
un total de 158 pays classés. Le rapport 2006 place le Congo au 142ème sur 163 pays.
S'agissant du domaine de la
gouvernance des entreprises, il souffre de problème de visibilité, cause
principale de la faillite de la quasi-totalité d'entre elles. Il faut aussi
ajouter l'absence d'objectifs clairs, mauvaise gestion de ressources, manque de
maîtrise des charges et la faiblesse des mécanismes de contrôle et sanctions.
Aussi, le rapport du PNUD déplore la logique de survie pratiquée par les
entreprises du secteur informel, en lieu et place de l'impératif de création de
valeur, c'est-à-dire d'une rente organisationnelle et d'une logique de développement.
La faible gouvernance favorise la montée du
chômage, qui touche principalement les jeunes. En 2005, il est apparu que
19,4% des actifs sont au chômage. Le désuvrement frappe les jeunes de toutes catégories.
Il frappe plus les femmes que les
hommes.
Pour une gouvernance efficace et
digne, le rapport du PNUD propose la promotion de la bonne gouvernance qui sera
axée sur la représentation et la participation politique, le contrôle des
institutions constitutionnelles, l'amélioration de la gouvernance des partis
politiques.
Sur le plan administratif, l'on songera à reformer l'administration publique,
le système judiciaire. Il sera aussi
question
de créer
un cadre incitatif et propice au développement des entreprises, le renforcement
de la compétitivité par promotion des innovations et une meilleure allocation
des ressources, la création de la culture entrepreneuriale.
Concernant la promotion de l'emploi et de la jeunesse, les principaux domaines d'intervention sont la prise en charge sociale et l'insertion professionnelle.
Hervé Didace EKIRONO