Constitution des listes unitaires pour les locales 2008 dans le camp
présidentiel
Des coups fourrés autour de l’investiture
de certains candidats peuvent créer, dès le départ, problème au sein du RMP
De toute évidence, la volonté
actuelle, et surtout celle du président Denis Sassou Nguesso, est celle de promouvoir les grands ensembles politiques
en république du Congo. Cette logique étant elle-même sous-tendue par la
nécessité de la création des espaces politiques nouveaux où les clivages
actuels, sous linfluence desquels, la politique se pratique au Congo,
vont être franchis. Ainsi, après moult tractations autour du concept de la
refondation, conçu comme un appel à la mutation, la mise en place du Rassemblement
pour la Majorité Présidentielle (RMP) est apparue comme lidéal même, pour
les tenants de la majorité présidentielle. Qui plus est, à cette dynamique est
chargée toute lespérance de succès du camp présidentiel aux consultations
prochaines.
Seulement à une si noble vision sen
est mêlée, et très tôt des pratiques susceptibles de porter un coup fatal à ce
mouvement qui na pas fini de se déployer sur létendue du territoire
national. Ce qui peut créer un problème
à son envol.
A la vérité, il se pose au RMP
bien des problèmes. Les mêmes problèmes qui du fait de cumul, ont déjà conduit
aux dysfonctionnements de la plate forme, une stratégie montée dans le camp de
la majorité présidentielle lors des législatives de 2007. En effet, des coups
bas senchaînent, dans un cafouillis qui fait transparaître des
flottements pour un mouvement porté, pourtant, à faire une raz-marrée des
élections en vue. Lunanimité nest plus, à la vérité, le maître mot.
Par plusieurs fois, au courant de la semaine, que de réunions terminées en
queue de poissons, sans conclusions données à la presse. Que de huis clos
interminables ! On comprend : le malaise prend de la taille. Mais au dehors, on
peut faire mine de faire prévaloir la bonne santé de la situation. Le mérite
attribué aux uns et aux autres jusqualors, est
davoir pu couver la tempête. Cela pourra durer combien de temps?
Déjà, il est annoncé, sous les
manteaux, des velléités des uns et des autres de se présenter dans leurs listes
à part, bien quétant au RMP. Une façon de
manifester un mécontentement consécutif à linvestiture de bien des
candidats, sans tenir compte de la carrure de chacun. A Brazzaville, il est
fort clair dassister à un foisonnement de listes, même si tous ont la
manie de se réclamer du président Denis Sassou Nguesso.
Dans la perception de la
situation, à Brazzaville, cest les intéressés qui sont les plus marqués
alors quà lintérieur, cest les
populations qui se sont mises aux avant-postes. En fait, le nombre de sièges à pourvoir
dans les conseils, comparativement à la croissance de la demande des
politiques, tous rivés vers un mandat électif, au RMP, le poivre nest pas
facile à couper.
Encore quà
lhinterland, se font sentir des voix de mécontentement par rapport aux
choix qui mettent à lécart certains cadres pris pour icônes. Cela pour lassurance
quils donnent suite au travail quils
abattent sans relâche.
A Ewo,
la non prise en compte du sénateur Gaston Oba, désole plus dun.
Alors que lhomme est porté
par les siens comme encadreur en
politique et son positionnement devrait servir de gage pour la
postérité. Plus compliquée est la mise à lécart de la sénatrice Martine Golengo. Au conseil de la Cuvette-Ouest, elle simpose
comme cette mère bien attentionnée avec une volonté décuplée à conduire les
premiers pas de sa progéniture. La preuve : elle est la seule sénatrice pour le
département.
En cours de session, Mme Golengo a été toujours cette femme, sinon lunique, à
prendre la parole pour discuter du développement du département avec une manie
singulière de porter haut les débats.
Un autre sénateur, et non des
moindres, à subir un tour pendable, sans doute, de la part des siens, est le
vénérable Jean Pierre Nonault. Ce dernier est de Boundji, dans le département de la Cuvette. Lhomme
est dune réserve qui ne permet de savoir ce quil
en pense. Il nen dit rien, sans doute, discipline du parti oblige.
Cependant, quelques sympathisants du sénateur ont cru sériger en
redresseurs de tord pour vouloir mener un mouvement de protestation. Une
démarche qui naurait nullement nourri
lassentiment
de lintéressé en raison de son caractère
contraire à ce genre dagissement. Cependant, il faut craindre des
coups déclat.
Toutefois, il est de bon ton de
constater que le coup porté à Jean Pierre Nonault est
loin de servir Boundji, ville qui réclame davoir
ce fils parmi, sinon, en tête de liste des locales pour le compte de leur district.
Pour justification, ces sympathisants ont laissé entendre que leur sénateur a la
confiance de la direction nationale du parti, sinon du Rassemblement pour la
Majorité Présidentielle. En fait, il est président de la commission de contrôle
et évaluation du PCT, président du groupe parlementaire au Sénat et président du comité des sénateurs de la Cuvette.
Rien que par cette personnalité, il est la courroie de transmission entre le
sénat et le conseil départemental. Récemment lhomme a été chef de la
délégation du RMP dans la Sangha. De ce point de vue, il ne se justifie pas, lacte
qui élimine sa candidature aux locales. Chose curieuse, c'est quand Jean Pierre
Nonault s'est trouvé en mission du parti à
Ouesso, que ce coup lui a été asséné.
On sait que dans les
agglomérations comme Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie,
Nkayi et même Ouesso, il plane le soupçon dun
foisonnement de listes pour les mécontents au sein du RMP. Or, ce mouvement ne
se fait que difficilement dans les districts comme Boundji,
Ewo, Okoyo, Sembé, Djambala
ou Sibiti et bien dautres localités du même genre du fait la logique qui
y prévaut, est celle de la fixation des populations.
Tout compte fait, à Boundji, par exemple, il se pose un vrai problème de leadership
où, désormais tous les moyens sont bons pour se donner, à coup dastuces
et de courage, les opportunités de simposer comme qui a, le contrôle du
district. Le comble a été daller jusquà
vouloir le faire sentir à lautorité suprême, en usant de la publicité,
combien on jouit du contrôle réel sur cette localité.
Fort de ce constat, au RMP, on devrait moins accorder de la vitesse à laisser de calcul noir triompher, surtout en biffant du circuit ceux qui bénéficient jusque-là dune réelle confiance auprès de lélectorat. A moins de vouloir, dès le départ, créer des problèmes de croissance à ce grand parti, à naître, qui porte toute la charge et lespérance du renouveau.
ANTSOUTSOULA Mena Lila