Regard critique sur l'ancienne Assemblée Nationale 2002-2007 par la Coordination
Nationale d'appui à la bonne Gouvernance au Congo
La CNABG dénonce les faiblesses de la 11ème législature Cette constatation a été faite par l'ONG
Coordination Nationale
d'Appui
à la Bonne Gouvernance au Congo (CNABG), le 02 mai 2008, à Brazzaville, à
l'occasion de la publication de son enquête réalisée sur la 11ème législature
(2002-2007). De cette enquête, il a épinglé dans le fonctionnement de la
dernière Assemblée nationale, beaucoup de faiblesses dont la plus fondamentale
reste l'adoption en partie des lois de la république. C'est M. Florent Kihoulou, président de la CNABG qui a coordonné la
cérémonie.
D'emblée, M. Florent Kihoulou a commencé par
rappeler à l'auditoire les deux principales missions qui sont affectées à
Assemblée nationale. Il s'agit entre autres, du contrôle de l'exercice du
pouvoir législatif et de l'action du pouvoir exécutif, conforment à l'article
89 de la constitution du 20 janvier 2002, qui dispose que :"le parlement
exerce le pouvoir législatif et contrôle l'action de l'Exécutif.
En effet, s'agissant de
l'adoption des lois, la CNABG a précisé qu'il existe deux procédures d'adoption
des lois au niveau du parlement, qui se font soit sur l'initiative du président
de la république, appelée projets de lois, soit sur l'initiative des membres du
parlement, dénommée propositions de lois. Pour cette ONG, le comble est qu'au
cours de la 11ème législature, on n'a pas observé l'équilibre dans l'adoption
des lois, car toutes les 123 lois votées au cours de la 11ème législature, sont
issues à 100% des projets de loi, c'est à dire
sur proposition du gouvernement. Durant tout ce mandat, aucune
proposition de loi n'a été votée. En effet, pour cette ONG, du fait qu'aucune
proposition de loi ne soit pas votée, au profit des projets de lois, qui sont
d'origine gouvernementale, cette attitude adoptée par le l'Assemblée nationale traduit
sa volonté à ne servir que l'exécutif. Ce qui, pour la CNABG, constitue un
grand défaut pour une Assemblée Nationale.
Sur le contrôle de l'action de
l'exécutif, a-t-elle ajouté, l'Assemblée Nationale le contrôle à travers six
mécanismes à savoir : l'interpellation, la question écrite, la question orale,
la question d'actualité, l'audition en commission et l'enquête parlementaire.
Or, au cours de la 11ème législature, le parlement n'a fait usage que de quatre
mécanismes de contrôle, excepté l'enquête parlementaire et l'interpellation,
pourtant prévues aux articles 155, 156 et 163 du règlement intérieur.
Dans le même allant, l'Ong a noté que durant la 11ème législature, l'Assemblée
nationale n'a organisé à peine que cinq séances de questions d'actualité, alors
que le règlement intérieur du parlement en son article 153 dispose que :
"la séance des questions d'actualité a lieu tous les jeudis, lorsque
l'Assemblée est en session, pendant qu'il y'a eu des sujets brûlants dans
le pays.
Ainsi, fort de ces faiblesses
observées en terme de proposition de lois; d'interpellation du gouvernement et
d'enquête parlementaire, la CNABG a tout de même salué l'effort réalisé par la
dernière Assemblée nationale, sur le plan diplomatique.
Cependant, dans le souci de voir
le parlement travailler dans les normes qu'il faut, la CNABG a formulé quelques
suggestions à l'endroit de la 12ème législature, déjà en fonction. C'est ainsi
qu'elle suggère aux députés de : faire des propositions de lois à caractère social
qui soient satisfaisantes, en vue d'améliorer la vie des populations; la
création d'un cadre de concertation permanente avec les organisations de la
société civile pour visibilité; l'adoption d'une loi sur l'organisation du
secteur privé. Aussi, elle demande à la chambre basse d'adopter une loi sur le régime
de transport terrestre, fluvial, maritime et aérien; l'adoption également la
loi sur le régime des associations et ONG.
Il convient de rappeler que la CNABG est une plate-forme à caractère apolitique composée d'une trentaine d'associations et ONG de la société civile congolaise oeuvrant dans les domaines de la paix, de la démocratie, des droits de l'homme, de la citoyenneté et du développement socio-économique.
Firmin OYE