Présidentielle de juillet 2009 au Congo
Denis Sassou Nguesso rassure de la bonne tenue de l’élection
En marge du 12ème sommet de l’Organisation
internationale de la Francophonie (OIF)
qui s’est déroulé du 18 au 19 octobre 2008 à Québec, au Canada, notre collègue
de Radio France internationale (RFI) a abordé le chef de l’Etat congolais. Au
cours de cet entretien, le président Denis Sassou Nguesso a, entre autres, évoqué la question sur le
déroulement de la prochaine élection présidentielle de juillet 2009 au Congo.
Lequel scrutin dit-il, se déroulera dans les meilleures conditions.
Abordant
la question sur l’organisation du scrutin présidentiel de 2009, le chef de
l’Etat congolais a rassuré l’opinion nationale et internationale que cette
élection se déroulera dans la transparence. En tout cas, pour lui, tous les
ingrédients sont et seront réunis pour un scrutin crédible et démocratique.
Car, poursuit-il, toutes les failles observées aux dernières échéances
électorales (législatives et locales) ont été comblées. « En 2007, lors
des élections législatives, il y a eu un dysfonctionnement constaté au niveau
du service informatique de la Direction générale des affaires électorales
(DGAE), cela n’a pas été caché. Le gouvernement l’avait reconnu. Car, il ne s’agissait
pas de problème politique ou de volonté délibérée d’entraver le processus
démocratique, il n’en est rien. Et, ces problèmes d’ordre technique ont été
sérieusement pris en mains. Nous
travaillons aujourd’hui pour que les présidentielles de juillet 2009 se
passent dans la plus grande transparence. Cela, au bénéfice de tous les
candidats qui souhaiteraient participer à cette élection. » a-t-il déclaré. Mais, Denis Sassou
Nguesso est surpris d’entendre son interlocuteur dire
que certaines personnalités congolaises (Mathias Ndzon
et autres), seraient candidats à l’élection présidentielle de 2009.
« Vous citez les noms de quelques personnalités congolaises qui seraient
candidats à la présidentielle de 2009, moi personnellement, je ne suis pas
officiellement au courant de ces candidatures. Mais, si elles devaient l’être, je les rassure tous que la campagne se déroulera de
la manière la plus ouverte et démocratique, sur toute l’étendue du territoire
national » De même, il a invité
RFI à venir couvrir ladite campagne électorale. Par ailleurs, Denis Sassou Nguesso ne semble pas
pressé quant à la déclaration de sa candidature pour la présidentielle de
juillet 2009 : « Nous ne sommes pas pressés, car, nous avons
encore quelques mois pour continuer à concrétiser notre programme ».
Concernant
la crise financière internationale ? Denis Sassou
Nguesso pense que le continent africain ne sera pas
épargné. Vu le phénomène de la globalisation les économies africaines risquent
de prendre de sérieux coups: « Pour l’instant, elle est financière et
touche les bourses, d’ici peu, elle va atteindre l’économie réelle.
C’est-à-dire, elle va toucher les matières premières. Naturellement, avec la
globalisation, les pays en développement et notamment ceux d’Afrique vont
prendre les coups les plus durs ». Pour le chef d’Etat congolais,
cette crise fera des dégâts importants en Afrique car dit-il, ce continent est
en pleine crise alimentaire.
La
question sur l’entretien du bassin du Congo, deuxième poumon forestier de la
planète a été aussi abordé par Denis Sassou Nguesso. A propos, le chef
de l’Etat congolais a déploré le fait que les pays du nord ne tiennent par
leurs promesses. Il s’est, par ailleurs, réjouit des gestes dit-il
significatifs faits par la Norvège et la Grande Bretagne. Il a pour cela appelé
la communauté internationale à un mouvement plus puissant. A en croire Denis Sassou Nguesso, l’entretien du
bassin du Congo n’est pas du tout
cher : « …imaginez que l’on engage des centaines de milliards de
dollars pour renflouer les banques, on ne demande pas tant. »
Denis
Sassou Nguesso a aussi
donné sa position quant à la crise mauritanienne. Il dit rejoindre la position
de l’Union africaine (UA) et de l’Organisation internationale de la
Francophonie (OIF), c’est-à-dire, le retour à légalité constitutionnelle.
Comment le faire ? Le chef de l’Etat congolais espère toujours sur les
contacts établis entre ces deux organisations (l’UA et l’OIF) et la junte
militaire mauritanienne. A cet effet, rassure t-il, « Tout devrait être
mise en œuvre pour qu’il y ait retour à l’ordre constitutionnel en
Mauritanie ».
Le
président congolais a, cependant, dénoncé la politique de deux poids deux
mesures utilisée par la Cour pénale internationale (CPI) : «Les mauvais
chefs d’Etat ne sont pas seulement qu’en Afrique. Mais, ce que les Africains
observent est que ces institutions ne s’animent véritablement que quand il
s’agit des dirigeants africains ». Il souhaite voir appliquer cette
règle pour les dirigeants du monde entier. Pour Denis Sassou
Nguesso, cette politique pratiquée par la Cour pénale
internationale n’est pas un fait nouveau : « Deux poids, deux
mesures, et c’est pas nouveau ».
Enfin,
il a souhaité que le prochain sommet de la Francophonie en 2010 se tienne en République démocratique
du Congo. « Pour être direct, vu la situation de crise qui règne dans
ce pays, la Francophonie se doit de faire un geste, pour montrer sa solidarité
envers le peuple et le gouvernement de la RDC. En clair, on peut aller vers un
prochain sommet de la Francophonie en 2010, à Kinshasa, et le suivant à
Madagascar. Autant plus que d’après le calendrier, l’année prochaine, ce pays devrait abriter le
prochain sommet de l’Union africaine ».
Hervé Didace
EKIRONO